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Exposition temporaire : "le sport pendant la Grande Guerre" du 8 mai au 27 juillet 2015

Avant 1914 en France, le sport ne touche qu’une minorité de la population et l’activité sportive est fortement concentrée sur l’agglomération parisienne, le Sud-Ouest et le Nord. Le décalage avec les départements isolés est frappant. 


 A la fin du XIXème siècle, le football arrive sur les côtes françaises. Arrivé par bateau de l’autre côté de la Manche, le ballon rond s’implante dans les villes portuaires qui accueillent des Anglais. L’Union sportive Boulonnaise est le premier club du Pas-de-Calais (1898) et en 1895, le premier club nordiste est Roubaix : le Racing Club de Roubaix.

Sur le plan sportif, la ligue Nord de Football-association devient la première de province derrière Paris.

La proximité avec l’Angleterre et une industrialisation plus marquée explique la prédominance du ballon rond dans le Nord. Seul le vélo semble faire l’unanimité au sein de la population française. Favorisé par la démocratisation de la bicyclette, le cyclisme devient, avant-guerre, le support de la diffusion du sport en France.

Entre 1914 et 1918, on constate une forte croissance du football français à proximité des camps militaires britanniques.

En 1914 les chefs militaires veulent montrer la France comme un pays où la gymnastique est devenue un phénomène de masse, connue et reconnue de tous.

Outre-Manche, en 1914, la diffusion du sport est totale. Véritable phénomène de société, la culture sportive britannique fait figure de référence mondiale.

 L’intérêt accordé aux sports par les classes les plus privilégiées va alors être transposé dans l’ensemble de la société, et au début du XXème Siècle, le sport est présent dans les grandes institutions britanniques et dans les systèmes scolaires et l’Armée.

 La Grande-Bretagne possède à cette époque, une avancée considérable par rapport à la France sur le sport moderne.

Avec la guerre de position, le sport s’intensifie. Il est encouragé par les Officiers car il est considéré comme un bon moyen de distraction après des jours au front.

 Au fur et à mesure, le nombre d’équipes britanniques ne cesse d’augmenter.

Par exemple, à Boulogne-sur-Mer, plus de 30 équipes régimentaires anglaises participent régulièrement, entre septembre 1915 et l’hiver 1918, à des compétitions officielles ou des matchs amicaux. Plus de 30 équipes civiles françaises sont formées. Au total, en additionnant équipes régimentaires et équipes civiles, la ville de Boulogne-sur-Mer compte 60 équipes de football-association. Ce chiffre était inimaginable avant-guerre !

 Les populations civiles de la zone littorale profitent également du contexte sportif ambiant pour créer leurs propres équipes comprenant des jeunes, des réfugiés, des scolaires et universitaires, ou des ouvriers.

Au fur et à mesure de la guerre, le sport renforce ses bases sur le front. Les techniques évoluent ainsi que des schémas tactiques et des nouvelles formes entraînements associées à des progressions pédagogiques.

En 1917, il est précisé qu’au cantonnement, les périodes de repos soient mises au profit du sport afin de maintenir les soldats en bonne santé. La prise de conscience de l’utilité du sport par l’état-major est de plus en plus grandissante. Le sport est reconnu comme une activité permettant de consolider la résistance, la volonté et l’énergie des soldats.

 Toutefois, le sport ne reste pas la préoccupation essentielle des Poilus, et les pertes totales de l’armée française sont considérables, sans ajouter l’hiver 1916-1917 très rude. Après trois années de guerre meurtrière dans des conditions effroyables, une lassitude mêlée de colère apparaît.

 Après les mutineries de 1917, le sport est officiellement institutionnalisé par l’état-major français avec des mesures en faveur de la structuration et l’amélioration des conditions de la pratique sportive. Des terrains de jeux et d’entrainement sont aménagés pour les soldats.

Le développement du sport se fait aussi grâce à des organismes extérieurs à l’Armée.

En 1918, le sport se généralise et fait appel à l’USFSA (l’Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques)  pour prendre en charge la direction du sport militaire. L’USFSA organise et multiplie les manifestations sur tout le territoire. Elle organise des épreuves locales sous la forme de « criteriums militaires ». Les finales nationales se déroulèrent le 4 août au stade de Colombes, et pour la 1ère fois l’Armée est à l’origine d’une compétition d’envergure nationale. Le monde sportif adhère totalement à cette action. De nombreuses disciplines sportives sont organisées : courses, sauts, luttes, marathon, tir à la corde, courses de chevaux, sauts d’obstacles, exercices à lance, etc. Une réunion identique se déroula le 22 septembre 1918.